Archives de Routes

EQUATEUR – Sur la panaméricaine

Souvent la route est bonne, parfois elle fait mal aux fesses.

Les chauffeurs de poids-lourds klaxonnent pour encourager, les bus pour effrayer.

De vallée en vallée, les paysages se transforment, les peuples changent.

Un peu trop souvent j’entends un « gringo » jaillir en réponse à mon bonjour.

Les bouteilles de V220, boisson énergétique semblent surpasser en nombre les bouteilles de coca sur le bas-côté.

Les cultures à flanc de montagne, les bergers et leurs troupeaux.

Au milieu de nul part quelques femmes lavent leurs linges dans un ruisseau.

Au milieu de nul part quelques mastodontes creusent dans la montagne.

Sur les arrêts de bus, sur les maisons, sur les pierres, sur les poteaux, sur tout ce qui se tient droit, les restes peints des campagnes électorales passées.

Dans les villages, des alignements de petits magasins. Un restaurant, je m’y arrête pour un déjeuner pour un gros euro.

EQUATEUR – Grosse fatigue – 08/09/2009

Ma première semaine en Equateur se résuma à glander à l’hôtel et quelques ballades dans Quito. Je pensais que ce serait suffisant pour pédaler à 3000m d’altitude…… Lire la suite »

CANADA – Sur l’autoroute transcanadienne


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Mise en ligne par Romain P

Les routes sont rares à traverser la forêt boréale. Depuis le Québec, deux trajets permettent de se rendre à Thunder Bay et depuis cette dernière un choix identique se pose au voyageur pour se rendre à Winnipeg. En tout et pour tout 4 itinéraires possibles pour plus de 1000kms. Les choix ne sont pas légions : route 17, route 11 + 17, route 17 + 11, route 11.
Heureusement et assez étrangement le traffic n’est pas excessif sur les différentes portions et la route présente souvent des accotements suffisant pour le voyageur cycliste.
A partir de mi-mai nombreux sont ceux qui prennent la route pour effectuer leurs traversées à pédales du pays. Souvent ils tentent de traverser d’Ouest en Est pour avoir le vent majoritairement dans le dos. Tous ou presque suivent la route 17 (qui devient la 1 dans la province du Manitoba) d’un bout à l’autre. J’avais personnellement choisi l’itinéraire 11 + 17 qui m’emmena dans le Nord de l’Ontario et dans un climat déprimant d’automne jusqu’à ce que les deux routes se rejoignent un peu avant Thunder Bay. Sur la première partie de mon parcours je ne croisai qu’un seul cycliste transcanda.
Après avoir quitté Thunder Bay et rejoint la 17, le soleil apparut et les rencontres se succédèrent. Ainsi sur une seule journée je pus rencontrer trois groupes de deux cylcistes transcanada. Deux filles menaient la ronde, à une petite demi-journée un candien accompagné
d’un norvégien suivait et pour fermer la route Alex et Olivier, deux québecois avec qui je squattai une aire de repos. Pour mes deux compagnons du soir, j’étais leur première rencontre cycliste. De mon côté la veille j’avais pris le temps d’attendre une grosse heure à un relai de routier un cyliste qu’on m’avait annoncé à 15/20 km derrière moi. La bonne surprise lorsqu’il arriva était qu’il était français. Je partageais donc le bivouac et quelques bières autour d’un feu-épouvantail aux moustiques avec Gaêtan en route pour faire Montréal-Vancouver-Montréal en trois mois.
Beaucoup trop rapide pour moi je le laissai filer à son rythme.

CANADA – Chemin du Roy

« J’ai descendu au mois d’août dernier en chaise en quatre jours et demi de Montréal à Québec »

Témoignage du grand voyer Lanouiller de Boisclerc, 1735

« J’ai monté au mois de mai dernier en bicycle à pédales en trois jours et demi de Québec à Montréal »

Témoignage du voyageur Sophos de Poisson, 2009

USA – Au frais

Aux croisements

« La Floride est un grand pancake plat »… une bonne crêpe bretonne moitié artisanale moitié industrielle. Les longues lignes droites se succèdent les unes aux autres. Je suis passé de l’extraordinaire platitude des marais sauvages du sud de la Floride à la morne lassitude des plantations d’oranges ; du plaisir à rouler avec des alligators comme spectateurs à l’inquiétude permanente face aux fauves à quatre roues (toutes motrices).

On m’avait bien prévenu à Miami : « la Floride devrait être le pire de ce que tu rencontreras comme conditions de route ». Mon prophète n’avait pas tord. Il me tarde de retrouver une situation plus agréable. Mes informateurs à droite à gauche, théoriciens du complot ou voyageurs au long court m’ont tous vanté la vielle route 90. Encore quelques jours et j’y serai.

Pour le moment, il faut me faire, comble de l’histoire pour moi qui était venu ici trouver de la chaleur, avec une température tournant aujourd’hui aux alentours des 5 ou 6° et un vent de malheur qui s’efforce de me faire face. Chaque départ s’annonce comme une petite bataille. J’enfourche mon destrier, visse ma casquette sur ma tête, fixe mes écouteurs à mes oreilles, avale une rasade de liqueur aquatique, inspire un bon coup puis m’élance.

SIBERIE – Fichue route – 25/11/2008

Je pensais avoir connu le pire de ce que la Russie pouvais offrir dans l’Est. Je dois revoir ma position.
Voici un peu plus d’une centaine de kilomètres que j’ai rejoint la route « fédérale », l’autoroute qui mène vers l’Est. Nous somme bien loin du standard des voies rapides. La sibérie est la seule région que je connaisse où les routes secondaires s’avèrent être en meilleur état que les les routes principales
La route alterne entre portions gravillonnées où les graviers ont la taille du poing et pistes de terre battue défoncées par les camions de passage. J’ai la désagréable impression d’être sur un tape-cul permanent. A chaque coup de pédale répondent dix secousses. Je ressens si bien chacune de ces secousses du bout de mes doigts jusqu’à mon fessier, que je dois avouer ici ma première défaillance, le premier moment où j’ai laissé échapper jurons de tout genre et où un sentiment de ras-le-bol a pu germer dans mon esprit.
Mais j’ai maintenant pris du recul sur cette difficulté. Plus qu’une trentaine de kilomètre et je devrais retrouver de l’asphalte. Quel bonheur !

PS : J’ai bien retrouvé de l’asphalte, mais pour quelques dizaines de kilomètres seulement. Depuis quelques jours, c’est ainsi, de faux espoirs asphaltés auxquels répondent de longues portions de calvaires. Les informations que j’arrive à obtenir des russes se contredisent. Aujourd’hui j’ai à nouveau l’espoir de retrouver de l’asphalte de façon définitive dans quelques dizaines de kilomètres. Je verrai bien.

FINLANDE – Jour 99 – Helsinki me voici- 15/09/2008

Helsinki se rapproche irrémédiablement, mais je dois confesser un pêché.

Après avoir traversé toute la Laponie et plus encore sur ma machine, la monotonie m’a quelque peu mené à l’ennui. Ennui accentué par le sentiment de me trouver constamment sur un faux plat montant, sentiment surtout ressenti sur prêt de 200 km après Rovaniemi. Lire la suite »