Archive pour Oural

RUSSIE – Appelez moi Og’wan Bek Djindi Balik – 06/11/2008

Mon ami Arslan

En arrivant à Ekaterinbourg, je pensais pouvoir trouver un hôtel bon marché pour pouvoir me reposer quelques jours, faire quelques lessives, faire réviser un poil mon vélo (j’ai surtout un rayon cassé). Le hasard a mis sur ma route une famille Kirgise d’une gentillesse exemplaire.

Je n’étais pas arrivé depuis deux heures à Ekaterinbourg que je trouve un café Internet. Mais dans ce café, j’y ai surtout rencontré un ami : Arslan. Il ne lui fallut pas dix minutes pour me proposer de venir manger et dormir chez lui. Tant de spontanéité a toujours quelque chose de douteux, notre culture européenne n’y ait pas habituée. Pour faire naitre en moi un peu plus de doutes, Arslan ajoutait à sa spontanéité un empressement certain, me forçant un peu à quitter le café sans consommer tout mon crédit Internet. Mais son regard ne laissait transparaitre aucune mauvaise intention. Je me laissais donc emmener. Lire le reste de cette entrée »

RUSSIE – Arrêt inopiné

Arrêt inopiné

Me voici à prendre quelques photos sur les routes ouraliennes. Mon vélo est rangé sur le bas-côté. Route peu fréquentée mais de bonne qualité. Quelques ladas passent, un ange passe… et puis voici un cortège comme j’ai pu en voir régulièrement. Un premier camion en remorque un second en carafe.

Rien de très particulier jusque là. Et puis le camion maitre me klaxonne un coup pour me saluer, je réponds d’un geste de la main.

Et c’est à ce moment que se produit ce petit moment surréaliste que j’ai apprécié. Il freine, le second camion dans son élan manque de peu de l’emboutir. La machine en panne s’immobilise au beau milieu de la route. De celle en forme descend le chauffeur qui se dirige vers moi. Aucun regard vers la deuxième machine. Je semble l’avoir fait disparaitre.

Le conducteur qui m’intéresse fait descendre de sa camionnette sa compagne de route, une jolie russe. Il me la présente comme une demoiselle, pas de prénom, mais je sens la fierté qu’il a de me montrer cette beauté du pays qui est avec lui. En fond de scène le second camion pétarade un peu, finalement démarre. Au premier plan, nous passons à la traditionnelle séance photo. Et la machine malade disparait pendant ce temps, sans que mes nouveaux amis ne posent sur elle le moindre regard compatissant.

RUSSIE – Jour 149 – Me voici en Asie – 03/11/2008

En Asie

Je profite que mes hôtes du jour dorment encore pour mettre à jour ce blog. Je me dirige doucement vers Ekaterinbourg. Je pense que je m’arrêterai finalement là pour l’Ouest Russe. J’y prendrai le train pour Irkoutsk et le grand froid ! Enfin !

RUSSIE – Le complexe du héro voyageur

Semaine 21

Я Франциск

Я еду во Владивосток на велосипед

Prononcant ces quelques mots, je romps l’égalité. Je me place dans le statut du héro voyageur et mon interlocuteur devient celui qui doit m’idôlatrer. Et pourtant ce n’est pas ce que je désire. Lorsque la communication est possible, je peux rétablir une certaine égalité, quitter mon costume et donner de la densité à la rencontre.

Le plus souvent, la balance n’est pas rétablie. Il ne me reste alors plus qu’à me nourrir des encouragements et des félicitations. Qu’il est plaisant de se laisser carresser. Mais je redeviendrai bientôt simple homme aux yeux de l’autre. Il me reste à lutter pour demeurer humble.

Il m’est difficile d’apprivoiser ce rapport à l’autre. J’ai besoin de cette accroche, j’ai besoin des encouragements de cette foule d’inconnus, je ne suis qu’un homme, je veux garder les pieds sur terre.

RUSSIE – La course avec le temps

Vers l’Est, toujours plus vers l’Est. L’hiver, les journées qui raccourcissent. Je dois faire évolouer sans cesse ma machine interne, coller au plus prêt de l’horloge naturelle. Se lever avec le soleil, se coucher avec lui. Et, à mesure que j’avance, je décale mon réveil suivant la danse de la terre, anticipant les changements de créneaux horaires. La montre perd de son sens. Se lever à six, déjeuner à dix, dîner à dix-sept dormir à dix-neuf