Archive pour laurentides

CANADA – Au bout de la route

Mont-Laurier → Val d’Or : 296km pour passer d’une période de colonisation des territoire du Nord à l’autre, pour passer de l’exploitation forestière primaire aux gisements d’Or et de cuivre.

Pour me rendre à Mont-Laurier, j’ai profité d’une petite merveille de piste cyclable qui a pris la place depuis quelques années de l’ancienne ligne de chemin de fer. 230Km asphalté ou de chemins bien entretenus passant de vallée en vallée au milieu de la foreêt.

Quittant Mont-Laurier, bientôt ce fut le quasi-vide humain. Un trou comblé par le parc de la Vérandrye : planète de forêts et de lacs au sein d’un univers de forêts et de lacs. Plus de 200km de transition au milieu de ce paradis de pêcheurs, chasseurs ou amateurs de canot-camping.

Le parc est passé, et voici Val d’Or. Les amérindiens cohabitent avec les immigrants. La ville est grande. La rue principale est une ruche d’activité. Ce Klondike du Nord-Ouest que je dois encore découvrir.

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CANADA – L’Etape

Après avoir passé la nuit dans une maison pour sans-abris à Chicoutimi je m’ élançais pour ce que je prévoyais être une belle journée dans le parc des Laurentides. Devant moi plus de 200km avant de relier Québec. Plus de 150 sans rien ou presque : à mi-chemin au bord du lac Jacques Cartier un relai routier était annoncé. Les panneaux l’annonçaient : l’Etape.

La route fut belle, les kilomètres défilaient. Je me sentais bien. De bons accotements me permettaient d’avancer en sécurité, les travaux d’agrandissement de la chaussée m’offraient des morceaux de route encore non ouvertes aux voitures. Le parc présentait ses collines et ses forêts.

La journée avançait et je me voyais me rapprocher aisément du relai. En fin d’après-midi, plus qu’une vingtaine de kilomètres à faire (et déjà plus de 80 de parcourus). Je décidai de pousser le bébé. Je m’imaginais pouvoir me payer un petit plaisir gastronomique dans ce que je pensais être un petit relais de montagne : quoi de plus normal que de terminer l’étape à l’Etape.

Lorsque j’y arrivai la nuit tombait. Je fus déçu. Un MacDo n’aurait pas dépareillé dans le paysage. La petite auberge que mon esprit avait confectionné pour me motiver s’était transformé en aire de repos auto-routière. Sans cesse les voitures des Québécois profitant du weekend prolongé (fête des patriotes dont personne ne fut capable de m’expliquer son origine) s’arrêtaient pour prendre un peu d’essence, un café ou une pause toilettes. Je négociais de passer la nuit au chaud dans le snack de la station.

Le matin je remplaçai mon repas désiré pas un copieux petit déjeuner. Les voyageurs continuaient à défiler. A mesure que les heures avançaient les clients savaient se faire de plus en plus curieux. Je finis par voler la vedette à un ancien ministre de la santé : j’écrivais l’adresse de mon blog sur des morceaux de papier arrachés ici et là alors que lui pouvait circuler quasi-incognito commander son café.

Finalement je quittais ce lieux de civilisation au milieu de la forêt et repris ma route sous un soleil menaçant. Direction Québec.