Archives de garde à manger

CANADA – Un plat comme il faut

Dans la nourriture du cycliste, les pâtes ont une place sacrée. On ne saurait imaginer Lance Amstrong gagnant un huitième tour de France consécutif (dans la continuité de sa carrière…) sans pour l’aider dans sa tâche un bon plat de pastas préparé par les meilleurs diététiciens.

Depuis que je suis parti j’en ai avalé des kilos de macaronis ou autre spaghettis (même si je ne suis pas fan de ces dernières). Mais voici une chose bien étrange : une bonne quinzaine de jours après avoir quitté Québec-ville, je n’ai toujours pas entamé le kilo de pâtes que j’avais acheté sur place.

Bien sûr il faut voir ici – en parti – une certaine fatigue du froid persistant qui m’a poussé plus que de coutume à aller dévorer quelques poutines (plat sur le pouce de frites et de fromage fondu pouvant être diversement agrémenté) dans les cantines croisées sur mon chemin, mais c’en est pas l’unique raison.

J’avais commencé à manger des flocons d’avoine alias du gruau, alias du porridge, alias oatmeal, alias du truc bon pour les chevaux comme complément/dessert de mon alimentation. Les semaines et les mois passant voici l’avoine devenu un de mes mets principaux : je me rapproche de plus en plus de l’état de mule.

Yeux sensibles s’abstenir, voilà la recette ultime qui est sorti de mes casseroles depuis quelques jours.

  • Faire bouillir deux tasses d’eau – pour un plat plus ultime qu’ultime, l’idéal serait de faire une tasse d’eau et une tasse de lait non écrémé.
  • Y ajouter tout en mélangeant une tasse de flocons d’avoine en maintenant le tout à feu doux
  • Mélanger jusqu’à obtenir la viscosité souhaitée
  • Retirer du feu
  • Ajouter un cuillère à soupe et demi de sucre en poudre
  • Adjoindre deux cuillères à soupe de riz (préalablement cuit… j’en stocke en réserve dans mon thermos)
  • Malaxer pour obtenir une densité uniforme de grains de riz
  • Pour parfaire, oser incorporer au mélange une grosse grosse poignée de pétales de maïs (des corn flakes quoi !)
  • Déguster pendant que c’est encore chaud

Entourer ce plat d’un légume en entrée et d’un fruit en dessert et voici un repas du soir qui permettrait à Lance de gagner le Giro en plus du Tour de France.

SIBERIE – Le retour du garde à manger

Un peu de graisse

J’avais décrit mon garde à manger lorsque je me trouvais en Europe du Nord. En y repensant cette semaine sur la route, les conditions climatiques et le mode de vie russe l’ont bien changé.

Les fruits et légumes frais ont quasiment disparu. Je mange à peine un fruit par jour, pomme ou orange. Un magasin sur deux dans lesquels je m’approvisionne n’en vend même pas. Et il me faut les protéger de la congélation.

Les -20° quotidiens dans lesquels je suis plongé depuis un mois et demi m’obligent à adopter une nouvelle stratégie de vie. Dans mes poches je glisse donc les fruits lorsque je peux en acheter, et sous ma veste j’abrite ma nourriture fraiche dans un sachet. A l’intérieur, on y trouve du pain – gris le plus souvent – un morceau de saucisson/cervelas, un yaourt de temps en temps et puis du salo. Le salo est un des compagnons préférés avec la vodka du travailleur sibérien. Il s’agit de morceaux de couenne de porc bien gras préparés avec parfois un peu d’herbes et salés à souhait.

Dans mes sacoches, en fouillant un peu il y reste encore un peu de farine, des flocons d’avoine et un paquet de pâtes. Pour accompagner ces vestiges de ma première vie cycliste je stocke deux ou trois conserves – pâté, lait concentré – collectées au hasard des mes arrêts et des gâteaux secs pour grignoter.

Une fois sur la route, je ne déjeune pas véritablement mais coupe ma journée de pauses régulières que je minimise en durée pour éviter de me refroidir. Je m’alimente alors en sortant mon trésor de dessous ma veste et m’hydrate en buvant une tasse de thé – chaud le matin, froid en fin d’après-midi. Une première thermos conserve mon thé, un seconde me permet de garder de la soupe pour la soirée.

Et ainsi je vis.

NORVEGE – Mon garde-manger

Les semaines passent les unes après les autres et ma monture ne cesse de se transformer inéluctablement en garde manger. Les kilos de bouffe s’ajoutent les uns aux autres transformant mon fier étalon (et moi avec) en bête de somme.

Par ici s’accumulent les fruits et les légumes : carottes, tomates, bananes, poires, pêches, concombres, salade sont mon quotidiens. Un demi-ognon traîne aussi dans un coin. Par là des produits frais : yaourts pour la semaine, tranches de cervelas et formage pour les casses-dales du midi.

Ensuite viennent les céréales : du muesli pour le matin et des flocons d’avoine pour le porridge du soir (et oui je me suis mis à la bouffe anglo-écossaise !). Tout prêt des céréales, il y a le kilo de chocolat en poudre (Nesquik, impossible de trouver du Banania) et le café instantané.

Et puis, il y a les incontournables pâtes et riz qui attendent paisiblement d’être cuisinées avec quelques sauces en bouteille. Sans oublier l’huile, le sel, le poivre, le sucre, la confiture (je n’ai pas encore acheté de farine… mais ça ne saurait tarder… j’ai des envies de crêpes), les sardines en boite, le pâté, des conserves de petits-pois et de flageolets, etc… etc…

Et pour finir, deux pains de 750g et des galettes de pomme de terre.

En rajoutant mon eau quotidienne (2 litres), j’atteins une jolie somme de kilos qui tout en restant approximative dépasse allègrement les quinze kilos. Mais il faut bien ça pour nourrir son homme.