Archives de octobre, 2009

BRESIL – Je cherche une route

Pour ma descente de l’Amazonie, j’avais embarqué dans mes bagages l’espoir de pouvoir prendre la route depuis Manaus en direction du Sud pour rejoindre Porto Velho. Il a fallu que je revois mes plans. Il fut un temps où la piste existait. Dans un sens, c’est encore en le cas il faut seulement accepter d’user de la machette sur quelques centaines de kilomètres (D’après les informations recueillies sur place). J’eus d’abord peur de devoir garder inassouvi mon désir de rouler dans la forêt amazonienne et finalement une route s’est dessinée sur la carte : de Santarem jusque Cuiaba, porte vers le Pantanal. Plus de 1500 km de piste que les bus arrivent à parcourir en une cinquantaine d’heures. Il m’en faudra assurément quelques unes de plus. Encore quelques jours de bateau en prévision pour rejoindre Santarem.

BRESIL – Jeu d’enfant

De la frontière péruvienne à Manaus, un bateau évangéliste. Rien de très méchant en soit si ce n’est que le bar ne vend pas de bière. La déception pour les touristes embarqués. Interdiction aussi d’apporter de l’alcool depuis l’extérieur. On se rapproche de la limite. Pour épancher sa soif de houblon, il faut profiter des arrêts. Le bateau accoste. En groupe les touristes et quelques brésiliens se précipitent à la première gargote venue. Nous nous délectons du frais breuvage. La sirène annonce le départ imminent, nous terminons nos verres en vitesse. Avant de rejoindre l’embarcation je fais remplir une gourde de bière. L’air de rien je rembarque avec le produit illicite sous le bras. En période de prohibition, il faut savoir assurer ses réserves.

PEROU – Vie à bord

1er appel – Un peu après le lever du soleil, le chef-cuistot fait claquer une grosse cuillère sur un morceau du navire. J’ouvre à peine les yeux et déja une longue file de passagers avec leurs gamelles attendent patiemment leurs tours. Je laisse défiler quelques minutes. J’enfile mon short, me lève, saisis ma casserole et ma cuillère pendue à mon hamac et me positionne en bout de file. Lorsque je me présente à lui, sans un sourire le chef-cuistot saisit ma gamelle et valide mon billet comme une carte de rationnement. Je mange le pain beurre et le pain jambon, je bois la mixture servie que je n’ai pas encore identifiée. Je profite de la lumière du matin qui vient éclairer les berges et la forêt tropicale qui les surplombent.

2nd appel – Je me suis endormi dans mon hamac un livre à la main. A nouveau le gong sonne. Il est la moitiée du jour. A nouveau je laisse la file se rappetisser un peu. Pour changer du riz est au menu. Les gamelles sont copieusement garnies. Poulet ou autre, la viande est bonne. J’enchaîne mon repas avec une petite marche et une grosse sieste digestive. Au réveil, je discute un peu avec les voisins, rêvasse, bouqine ou tout simplement me rendors. Le long film vert qui est projetté de chaque côté du bateau est parfois perturbé par un petit village, une habitation isolée ou un canot. Quelques secondes, puis la calme monotonie revient.

3ème appel – La fin de la journée, le dernier repas est appelé. Toujours le même cérémonial. Mes voisins parfois viennent me rappeler que le dïner est « servi ». Ils ont compris que je suis plutöt du genre dormeur. Ensuite vient l’heure de la douche. Une vraie croisière de luxe. Et doucement la nuit se fait. Au cul du bateau je me brosse les dents en regardant le soleil venir se baigner dans le fleuve.

PEROU – Le bateau immobile, Yurimaguas – 12/10/2009

Histoire d’information… dans la rue ou à l’hôtel où j’étais descendu, tout le monde s’accordait pour me dire que des bateaux partaient le lundi midi pour Iquitos. Seul un guide qui avait tenté de me hamçonner me présenta une histoire différente : « ils vont te dire qu’il y a des bateaux, mais c’est faux, ils se contentent de charger. Ils ne partiront que demain ». Considérant qu’il essayait de me vendre un tour guidé, je pris son avertissement avec précaution, et préférai sur le coup de midi aller sur place cueillir l’information. Lire la suite »

PEROU – En sortant des Andes – 10/10/2009

Depuis la fin de l’Equateur j’étais un peu dans un mélange du monde de la sierra et du monde de la forêt. Pour les habitants, d’un côté ou de l’autre de la frontière, il s’agit de l’Oriente, et c’est déjà la forêt. Pourtant la montagne était encore bien là, certe plus aussi élevée mais elle savait se faire sentir dans les jambes. Aujourd’hui, sur la route de Tarapoto à Yurimaguas à la sortie d’un ultime col, j’ai senti que j’en avais terminé avec les Andes (pour le moment en tout cas). Devant moi je pouvais voir la forêt s’étaler jusqu’à la ligne d’horizon. Mon nouveau terrain de jeu.

PEROU – La pluie

Quelles sont douces ces pluies tropicales. Elles se montrent petit à petit. Sur mon vélo je les sens venir, je vois les nuages progressivement se mettre en position. Pendant quelques minutes des grosses gouttes ponctuelles m’invitent à me préparer et puis le ciel se déchaîne.

La douche dure quelques dizaines de minutes. Elle rafraichit, vient laver la couche de poussière et de sueur qui est venu s’agglutiner sur ma peau.

Il ne faut pas longtemps pour que des petits torrents coulent sur les bas-côtés. La route elle-même devient rivière. La visibilité se réduit, il faut être prudent. En descente les freins oublient d’être efficaces.

Le ciel se calme. Il ne s’est pas encore arrêté de pleuvoir mais la chaleur fait déjà effet. Au sol des nuées de vapeur s’envolent. Un passage de véhicule et la nuée se transforment en petit tourbillon. Du dos des animaux aussi l’eau remonte au ciel.

Le soleil brûle à nouveau. Il finit de tout assécher. Il fait chaud.

PEROU – Les voisins

A chaque village ou petite ville, les habitants me rabâchent un discours similaire : « sois prudent, dans la prochaine ville ils ne sont pas sympas, il y a pleins de voleurs, ils tuent les touristes ».

Moi un peu méfiant, j’avance malgré tout, et chaque fois il ne se passe rien et chaque fois on m’annonce que la prochaine bourgade plus à l’Est est celle que je dois craindre. Mes discussions avec les policiers locaux me laissent à penser que je n’ai pas de raison de m’inquiéter. Tous me parlent de coins tranquilles sans délinquance.

Maintenant je m’amuse des discours alarmistes et je vais voir si la logique est respectée en continuant un peu plus vers l’Est. Je m’enfonce vers Iquitos, découvrir si on m’y invite à me méfier des voisins brésiliens.

Dans quelques jours le bateau et dans quelques semaines le Brésil où je commencerai mon voyage dans la forêt amazonienne.