Archive pour avril, 2009

CANADA – Ménage de printemps

Je suis arrivé à Montréal il y cinq jours maintenant. Je profite de l’hospitalité de Pierre un ami français pour me reposer un peu faire un peu de ménage et réfléchir sur mon itinéraire pour la suite de mon périple. Je pensais pouvoir avoir un visa de 6 mois, je devrai me contenter d’une autorisation de trois mois.

Je ré-apprends à parler français et à boire de la bonne bière.

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USA – Dimanche de pâque ou les intentions new-yorkaises

Décorations de Pâque

La veille du dimanche de pâque j’avais pu appeler ma famille en France et eux s’étaient fait un malin plaisir à se moquer de moi arguant que je n’aurais le droit ni aux oeufs en chocolat ni à un traditionnel bon repas. Et pourtant ma pâque se déroula d’une manière idéale. Comme un condensé de la gentillesse que j’avais pu côtoyée en une dizaine de jours dans l’état de New-York, les habitants se surpassèrent de petites intentions.

Au cours de la semaine qui s’était écoulée un curé avait renfloué mes finances, une patronne de snack m’avait offert un petit déjeuner gargantuesque, un couple avait rempli mes sacoches de snacks et de fruits, des cyclistes m’avaient payé des cafés pour me réchauffer et donné de précieuses indications pour me diriger, et pour finir on était venu me chercher spontanément en voiture à la sortie d’un bibliothèque pour m’offrir de dormir dans une étable.

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USA – Les chutes de rein

Les chutes

Niagara, Niagara. Je ne me voyais pas passer si prêt et les manquer. Pourtant que le combat fut rude pour les atteindre. De la ville pendant un jour et demi, du vent de face ou de ¾ face, des routes abimées comme un peu partout dans le nord des US… et finalement je les atteignis. Une demi-heure sur place et je devais repartir. Heureusement que ce n’était pas un objectif du voyage…

USA – Drive Thru

En France, le drive-thru ou drive-in est pour le moment encore cantonné aux macdo… ou presque : lors de mon passage en Sarthe j’ai pu découvrir qu’Auchan avait mis en place un service de courses rapides de type drive-in. Après plus de deux mois aux US j’ai parfois l’impression que les éléments cimentant la nation étasunienne sont la religion, le sport et les drive-ins. Il y a bien sûr les restaurants : macdo, arby’s, starbucks, … mais la culture drive-in ne s’arrête pas là.

Les banques offrent la possibilité d’effectuer ses opérations bancaires sans descendre de voiture. Dans les pharmacies on peut passer commande d’un côté du bâtiment et récupérer ses médicaments de l’autre. La situation est identique dans d’autre types de magasin : épiceries, garages, … La poste ne fait pas exception. En Erope, les boîtes pour poster les lettres sont tournées vers les trottoirs ; aux US elles sont dirigées vers la rue, il suffit de s’arrêter devant pour pouvoir poster. La semaine dernière j’ai dormi auprès d’une bibliothèque publique qui offrait un service de retours de livre en drive-thru. Si les Étasuniens étaient catholiques plutôt que protestants je suis certain que les confessionnaux drive-thru fleuriraient au pieds des églises.

Ainsi ils ne marchent plus ou si peu ou plutôt la marche n’est plus une activité naturelle. Car à dire vrai, ils marchent, mais c’est devenu une activité sportive. Les bras en balancier, à pas cadencés, ils avalent les chemins asphaltés. Et puis quand le temps ne le permet pas certains se rabattent sur les centres commerciaux et ils en font le tour une fois, deux fois, trois fois jusqu’à atteindre leurs quotas.
Auchandrive crée peut-être des emplois mais je ne sais pas si c’est un bienfait pour notre société.

USA – Dans le luxe de l’Ohio

Ma grange

Je devrais quitter demain l’Ohio. J’y aurais passé une bonne semaine. Le temps y fut capricieux à l’image de tout mon périple américain mais les rencontres y furent riches. Je ne pus planter ma tente qu’une seule fois ; je passais les autres nuits au chaud.La semaine débuta avec des éleveurs de cochons. Je partageais leur soirée et profiter d’une bonne douche. Le lendemain le hasard de mes choix de petites routes me conduisit chez un couple d’une trentaine d’années. Le mari arrivant sur le tard fut d’abord circonspect en me voyant traîner dans sa cour. Sa femme lui expliquant ce que je cherchais il se détendit et finalement ils m’offrirent ce qui sera sans doute la grange 4* de mon périple : chauffage, télé grand écran, Wii, Xbox, lecteur DVD, terrain de basket intérieur, matos de musculation, ….

D’un jour à l’autre, je changeais alors de monde pour passer la nuit dans une ferme amish où la simplicité est le maître mot. Continuant mon périple en Ohio une fois n’est pas coutume on me poursuivit en pick-up pour m’offrir un lit où dormir. Ce fut pour découvrir une famille Mennonite. Mouvement religieux dont est issu le courant amish, ils acceptent la modernité au regard de son utilité (voiture pour se déplacer, téléphone pour communiquer, électricité pour s’éclairer). Ils disposent eux-aussi de leurs propres écoles s’arrêtant après la 4ème – comme pour les amishs.

Pour terminer je passais la nuit dernière chez un adepte de la randonnée à pied qui m’offrit quelques histoires de famille dans la ferme de ses grands parents. L’Ohio restera pour moi un pays de diversité.

USA – Aventure en pays amish

En pays amish

On m’avait prévenu : tu vas rentrer en pays Amish. Deux jours après mon entrée en Ohio, sur le bord de la route quelques panneaux de signalisation commencèrent à mettre en garde les automobilistes : des carrioles (buggys) étaient susceptibles d’emprunter les voies goudronnées. Il me fallut attendre quelques milles de plus pour croiser mon premier attelage. Un cheval fringuant, ½illères bien en place tirait une carriole noire à quatre roues. Au cul de la machine, un triangle réfléchissant aidé de deux petites lampes prévenaient les automobilistes par faible visibilité. Sur le devant deux lampes éclairaient la voie. Pour moi, les sabots martelant le sol suffisaient à me prévenir. Derrière une vitre protégeant de la pluie et du vent un patriarche à la barbe grisonnant et à l’air renfrogné menait l’attelage. A ses côtés, une femme (femme ou fille je ne sais pas) portait sur sa tête la coiffe traditionnelle. Me voici en pays Amish.

Sur un côté de la highway que je chevauchais, une piste cyclable m’invita à la prendre. Je m’y engouffrai, elle allait dans une direction qui me convenait. Un côté pour les vélos, l’autre pour les buggys amishs. Quelques miles et carrioles plus tard je débarquai dans mon premier village amish. La tolérance est ici de bon ton. Voitures à moteur et à cheval se partagent la route, amishs et non-amishs vivent dans de mêmes communautés. Un magasin proposait de laver autos et buggys ; au pied de l’épicerie un attelage était accroché dans un espace réservé. Je poursuivis ma route m’enfonçant toujours plus.

Je passais deux villages puis il fut temps pour moi de m’arrêter. A la sortie du troisième à la fin d’une petite côte, je m’engageai dans le court chemin menant à une ferme. Une belle grange surplombant un talus me paraissait être l’endroit adéquat pour y passer la nuit. Pas de voiture dans la cour, aucun câble n’allant jusqu’à la maison : il devait s’agir d’une habitation amish. Je frappais à la porte et j’eus rapidement confirmation. La mère de famille qui m’ouvrit, coiffe sur la tête empêchait quelques uns de ses quinze enfants de sortir alors qu’elle répondait à mes questions. Dans une pièce plus éloignée certaines de ses filles travaillaient sur un ouvrage de tissus. La femme alla trouver le père de famille alors que celui-ci revenait des champs pour le consulter.

Ils discutèrent un peu dans leur langue faite de patois allemand, je ré-expliquai au père, et le couple accepta que je passasse la nuit dans la paille de la grange. Ne pas faire de feu fut la seule consigne. Je m’installais discutant successivement avec les deux fils aînés. Ils me racontaient un peu leur vie, m’interrogeant sur ce que je faisais. Le père revint après avoir rangé un vieux tracteur (petite dérogation à la tradition). Ils continuèrent à me parler de leur manière de vivre ignorant la modernité : leurs écoles à porter de marche à pied, leurs quarantaines de vaches à traire à la main, leurs chevaux, leur langue, leur organisation religieuse tournante (chaque maison tour à tour sert d’église). Finalement le père après avoir pris l’avis de sa femme m’offrit de dormir au chaud dans leur maison. Je ne refusai bien sûr pas. La discussion se poursuivit dans la soirée à la lumière des lampes à pétroles (et des quelques lampes électriques). Eux allait se lever à 5h pour la traite, moi je poussais en faignant que je suis mon sommeil au delà des 7h. Je loupais la prière matinale. Un bon petit déjeuner arrosé de lait frais et je repris la route.