Vagabondage autour du monde de Romain P

Sophos Blog pour un Sophos Tour autour du monde (en vélo)

Archive pour Colombie britannique

USA – Publicité


Mise en ligne par dougp nirv

Pendant plus d’un mois j’ai trimballé ce carton derrière ma machine. Attirer la sympathie du quidam, ouvrir la porte à une conversation, économiser un énième discours sur mon itinéraire, ….

Et puis finalement une impression de difformité comparativement à tous les cyclotouristes rencontrés sur la côté. Tous sont fiers des leur périple de 3 semaines, un mois, deux mois pour certain. Moi avec mes grands sabots, j’affichais et revendiquais plus d’un an de voyage. Involontairement je pense que je gâchais un peu de leur aventure en la mettant en perspective avec la mienne. Mais peu-être est-ce aussi me donner un peu trop d’importance…. Quoi qu’il en soit j’ai supprimé cette appendice et je suis rentré dans la norme.

USA – Au pays des fameuses patates

Les provinces canadiennes, les états américains aiment se donner des slogans qui viennent orner les plaques d’immatriculation de leurs voitures. Les inspirations sont diverses. La Floride est le pays du soleil qui brille (“The sunshine state), le Missouri l’état du montre-moi (“show-me state”), le Mississipi serait celui de l’hospitalité (…). En Illinois on se contente d’être le territoire d’Abraham Lincoln (“The Lincoln Land”), un bon moyen de réviser un peu d’histoire. Il y  a aussi l’énigmatique voir quasi-mystique “je me souviens” québécois.

D’un bout à l’autre du territoire, d’un côté et de l’autre de la frontière, l’état de New-York et la province de Colombie Britannique se partagent une égale prétention. A l’Etat Empire (“The Empire State”) de la nouvelle Angleterre répond le plus bel endroit sur terre (“The most beautiful place on earth”) de la province du pacifique. L’un prétend dominer la planète de sa beauter quand l’autre veut se placer en son sommet par son pouvoir.

Et moi j’ai quitté cette province qui s’adjuge la place de plus bel endroit sur terre ( à tord : tout le monde sait pourtant que la Sarthe est loin devant) et je suis repassé aux US. Mon état d’accueil est bien plus terre à terre, je suis au pays des célèbres  ou fameuses patates (“The famous potatoes”).

CANADA – Quelques mètres carrés – 06/07/2009


Quelques mètres carrés

Mise en ligne par Romain P

En début d’après-midi j’avais vu partir vers le Nord-Ouest le premier cyclo tourdumondiste que je rencontrais : Bruno Saulet. Nous avions partagé un bivouac ensemble à la sortie de Cranbrook et il était reparti dans la chaleur un peu étouffante avec un groupe de cyclo américains avec qui il roulait depuis quelques semaines.
Resté seul à Cranbrook, je glandouillais sur Internet quelques heures, fis un petit tour de la ville, allais observer la jeunesse canadienne s’amuser dans le skate-park en fin d’après-midi et puis finalement fut venu le classique moment de me trouver un endroit où planter ma tente. A peine avais-je commencer à sortir mes affaires dans un coin d’un parc qu’un habitant débarqua sur son vélo. Rapidement il me proposa de venir planter ma tente chez lui. Je pris sa roue et nous montâmes dans les contre-forts de la ville jusqu’à sa demeure.

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CANADA – Savourer

Parcs Nationaux des rocheuses canadiennes. J’achetais un pass pour 1 jour. J’en passais 3 et demi.  J’y ai dévoré chaque instant, chaque monté de ces montagnes que j’attendais depuis mon débarquement à Miami.

L’ennuie qui avait sorti le bout de son nez au détour d’un pin de la forêt boréale dans le vent et la pluie de l’Ontario s’est maintenant terrée dans les grottes des montagnes. Preuve d’un moral au plus haut, ma vaisselle est d’une propreté impeccable (ou presque). Ces derniers temps je rechignais à laver ma gamelle. Une fois mon repas ingurgité et un nettoyage rustique à la mie de pain réalisé je m’empressais de me réfugier dans la chaleur et le confort de mon duvet. Avec les rocheuses je prends le temps de savourer chaque bivouac… clandestin

Car il m’a fallut rentrer en clandestinité, prendre le maquis pour pouvoir profiter pleinement de ces rocheuses. Ne pas aller dormir dans les campings du parc, profiter des aménagements pour protéger sa nourriture des grosses bêtes à poils, ne pas se faire contrôler et apprécier.

Ainsi il y a quelques jours je suis allé squatter un camping encore non ouvert. Un abris de picnic me servit de toit pour la nuit. Dans le poêle central je fis brûler un peu de bois (les nuits sont fraiches). Au beau milieu de la forêt lorsque je me couchai, rien d’autre que les bruits de la nature. Les sons suspects me tinrent d’abord éveillé. Je ne ferais pas le poids avec mon petit couteau face à un de nos gros amis à quatre pattes. Et puis fidèle à mon habitude je ne tardai pas à m’endormir. Au petit matin (à 8h), en me réveillant je me sentis encerclé : de tous côtés des bruits de tronçonneuses. Par moment de grands boums annonciateurs d’un arbre abattu venait perturber le rythme régulier des moteurs. Le déjeuner avalé et mes affaires rangés il me fallait me faufiler entre les mailles de ce filet. Abattre une forêt pour m’arrêter, je trouvais ça un peu excessif. A la boussole et à l’oreille je me faufilais jusqu’à la route à travers bois, poussant mon vélo (pas de meilleur échauffement). Finalement je distinguai une ligne de goudron et ce fut la libération. J’enfourchai mon engin et m’éloignai de ce piège.

Et sinon j’ai rencontré des cyclistes de toute sorte. Les vacances sont là. Je n’ai plus qu’à parfaire mon bronzage de cycliste. Pour le moment il n’y a bien que mes mains qui sont un peu halées (et encore le bout des doigts qui joue à cache-cache avec mon guidon est bien pâlichon).