Vagabondage autour du monde de Romain P
Sophos Blog pour un Sophos Tour autour du monde (en vélo)Archive pour Canada
USA – Publicité
Pendant plus d’un mois j’ai trimballé ce carton derrière ma machine. Attirer la sympathie du quidam, ouvrir la porte à une conversation, économiser un énième discours sur mon itinéraire, ….
Et puis finalement une impression de difformité comparativement à tous les cyclotouristes rencontrés sur la côté. Tous sont fiers des leur périple de 3 semaines, un mois, deux mois pour certain. Moi avec mes grands sabots, j’affichais et revendiquais plus d’un an de voyage. Involontairement je pense que je gâchais un peu de leur aventure en la mettant en perspective avec la mienne. Mais peu-être est-ce aussi me donner un peu trop d’importance…. Quoi qu’il en soit j’ai supprimé cette appendice et je suis rentré dans la norme.
J’vous ai pas raconté
USA
Les casinos dans les réserves indiennes
Le tournage du nouveau Starwars
Les snow birds (oiseaux des neiges) : les retraités qui viennent remplir la Floride l’hiver
La march madness (folie de mars) durant laquelle le basket universitaire est roi
Mon superbowl avec un ramasseur d’oranges du Kansas en Floride
Les attelages de RV (campings-cars) gigantesques : un RV + une voiture + une remorque
Les histoires d’irrigation dans le bassin de la rivière Colombia
Mes nuits offertes dans des motels
Les comtés “dry” où la prohibition est encore une réalité
Mon petit déjeuner dans un resto grec au matin d’aller voir les chutes de Niagara
La générosité incommensurable des américains
CANADA
La police au Canada que je n’ai pas vue… quelle différence avec les US
Les souverainistes québecois que j’ai rencontrés
Ma soirée dans une maison de SDF à Chicoutimi
Alex et Flo qui m’ont permi de passer une nuit aux frais de la princesse dans l’auberge de jeunesse de Québec
RUSSIE
Ma nuit dans une chaufferie collective avec quelques travailleurs fumeurs
Ma baignade dans une source d’eau chaude au milieu de la Taïga enneigée par -15°C
Les journalistes qui m’attendent en bas de l’hôtel
Les 3 jolies demoiselles qui viennent me chercher dans le gymnase qui devait me servir de refuge
La ville militaire fermée où j’échoue à me faire accepter pour passer la nuit
Le policier/shériff du far-east russe
Ma présentation dans une école d’une ville qui n’existe pas sur la carte devant une dizaine de lycénnes
… et j’en oublie encore…
USA – Au pays des fameuses patates
Les provinces canadiennes, les états américains aiment se donner des slogans qui viennent orner les plaques d’immatriculation de leurs voitures. Les inspirations sont diverses. La Floride est le pays du soleil qui brille (“The sunshine state), le Missouri l’état du montre-moi (“show-me state”), le Mississipi serait celui de l’hospitalité (…). En Illinois on se contente d’être le territoire d’Abraham Lincoln (“The Lincoln Land”), un bon moyen de réviser un peu d’histoire. Il y a aussi l’énigmatique voir quasi-mystique “je me souviens” québécois.
D’un bout à l’autre du territoire, d’un côté et de l’autre de la frontière, l’état de New-York et la province de Colombie Britannique se partagent une égale prétention. A l’Etat Empire (“The Empire State”) de la nouvelle Angleterre répond le plus bel endroit sur terre (“The most beautiful place on earth”) de la province du pacifique. L’un prétend dominer la planète de sa beauter quand l’autre veut se placer en son sommet par son pouvoir.
Et moi j’ai quitté cette province qui s’adjuge la place de plus bel endroit sur terre ( à tord : tout le monde sait pourtant que la Sarthe est loin devant) et je suis repassé aux US. Mon état d’accueil est bien plus terre à terre, je suis au pays des célèbres ou fameuses patates (“The famous potatoes”).
CANADA – Quelques mètres carrés – 06/07/2009
En début d’après-midi j’avais vu partir vers le Nord-Ouest le premier cyclo tourdumondiste que je rencontrais : Bruno Saulet. Nous avions partagé un bivouac ensemble à la sortie de Cranbrook et il était reparti dans la chaleur un peu étouffante avec un groupe de cyclo américains avec qui il roulait depuis quelques semaines.
Resté seul à Cranbrook, je glandouillais sur Internet quelques heures, fis un petit tour de la ville, allais observer la jeunesse canadienne s’amuser dans le skate-park en fin d’après-midi et puis finalement fut venu le classique moment de me trouver un endroit où planter ma tente. A peine avais-je commencer à sortir mes affaires dans un coin d’un parc qu’un habitant débarqua sur son vélo. Rapidement il me proposa de venir planter ma tente chez lui. Je pris sa roue et nous montâmes dans les contre-forts de la ville jusqu’à sa demeure.
CANADA – Savourer
Parcs Nationaux des rocheuses canadiennes. J’achetais un pass pour 1 jour. J’en passais 3 et demi. J’y ai dévoré chaque instant, chaque monté de ces montagnes que j’attendais depuis mon débarquement à Miami.
L’ennuie qui avait sorti le bout de son nez au détour d’un pin de la forêt boréale dans le vent et la pluie de l’Ontario s’est maintenant terrée dans les grottes des montagnes. Preuve d’un moral au plus haut, ma vaisselle est d’une propreté impeccable (ou presque). Ces derniers temps je rechignais à laver ma gamelle. Une fois mon repas ingurgité et un nettoyage rustique à la mie de pain réalisé je m’empressais de me réfugier dans la chaleur et le confort de mon duvet. Avec les rocheuses je prends le temps de savourer chaque bivouac… clandestin
Car il m’a fallut rentrer en clandestinité, prendre le maquis pour pouvoir profiter pleinement de ces rocheuses. Ne pas aller dormir dans les campings du parc, profiter des aménagements pour protéger sa nourriture des grosses bêtes à poils, ne pas se faire contrôler et apprécier.
Ainsi il y a quelques jours je suis allé squatter un camping encore non ouvert. Un abris de picnic me servit de toit pour la nuit. Dans le poêle central je fis brûler un peu de bois (les nuits sont fraiches). Au beau milieu de la forêt lorsque je me couchai, rien d’autre que les bruits de la nature. Les sons suspects me tinrent d’abord éveillé. Je ne ferais pas le poids avec mon petit couteau face à un de nos gros amis à quatre pattes. Et puis fidèle à mon habitude je ne tardai pas à m’endormir. Au petit matin (à 8h), en me réveillant je me sentis encerclé : de tous côtés des bruits de tronçonneuses. Par moment de grands boums annonciateurs d’un arbre abattu venait perturber le rythme régulier des moteurs. Le déjeuner avalé et mes affaires rangés il me fallait me faufiler entre les mailles de ce filet. Abattre une forêt pour m’arrêter, je trouvais ça un peu excessif. A la boussole et à l’oreille je me faufilais jusqu’à la route à travers bois, poussant mon vélo (pas de meilleur échauffement). Finalement je distinguai une ligne de goudron et ce fut la libération. J’enfourchai mon engin et m’éloignai de ce piège.
Et sinon j’ai rencontré des cyclistes de toute sorte. Les vacances sont là. Je n’ai plus qu’à parfaire mon bronzage de cycliste. Pour le moment il n’y a bien que mes mains qui sont un peu halées (et encore le bout des doigts qui joue à cache-cache avec mon guidon est bien pâlichon).





