Archive pour Midwest

USA – Sans glaçons s’il vous plait – 24/03/2009

Bivouac

Ce matin-là j’avais jugé bon au vu du vent de modifier ma route. Mon choix s’était avéré judicieux, une bonne brise m’avait transporté toute la journée. En soirée, au sortir d’un petit bosquet une petite ferme, les deux ou trois étables qui l’entourait et quelques pâturages me faisaient espérer pouvoir y trouver un refuge pour la nuit : la nuit s’annonçait mouvementée. Premier bon signe la ferme ne semblait pas abandonnée : un pickup rouge pour le moins l’habitait.

Je frappais à la porte. Un petit chien à la gueule écrasé vint me répondre suivi de près par sa maîtresse. Présentation habituelle. J’expliquai ce que je cherchais. Emportant mes bouteilles pour les réapprovisionner elle alla consulter son mari. Ils revinrent tous les deux, m’offrant leur grange pour la nuit. La douche fut le cadeau supplémentaire de leur part.

Tout heureux, je m’installais dans ma nouvelle maison, prêt à affronter le grain qui approchait. Mon campement en place je me désaltérai d’une lampée de mes bidons fraichement remplis. Et l’eau était bien fraiche. Mes hôtes, à l’américaine, y avait glissé des glaçons. Peut-être faudra-t-il qu’à l’avenir je précise que je désire mon eau sans glaçon…

USA – Et toujours siffle le train

Le hasard m’a cependant conduit sur la route 40 (à défaut de la 66), l’ancienne route nationale. La route qui en un temps lointain conduisait les colons vers tout d’abord les territoires frontaliers du mid-west puis vers le far-west. Et à mon grand bonheur ses constructeurs ne s’embêtaient de considérations géométriques. Pas besoin de zigzaguer pour aller vers le Nord-Est.

Suivant cette route je traversais vielles villes et grandes fermes accompagné par mon vieux copain le train. Ces petites villes d’Illinois ou d’Indiana ne sont pas (encore) des villes fantômes mais qu’il est triste parfois de les traverser. Témoins d’une période humaine révolue les magasins des rues principales arborent des petites pancartes “Closed” dans leurs vitrines irrémédiablement vides. Lorsque le vent souffle, le grincement de quelques vieilles enseignes vient se mélanger aux claquements des drapeaux arborant la bannière étoilée.

Les habitants sont toujours là. Certains transforment leurs jardins en des sortes de musées d’objets plus jamais utilisés : quelques outils agricoles, un ou deux bancs, des vieux vélos, des bricoles glanées chez quelques marchants d’antiquité. Le tout souvent agrémenté d’éléments patriotiques.

Dans certaines villes au milieu d’un terrain devenu vague, une ancienne école de briques rouges s’est endormie pour un long sommeil. La vie qui l’animait n’est plus qu’un lointain souvenir. Le terrain de baseball attenant est grignoté peu à peu par la végétation. Les vitres aux fenêtres ont été remplacées par des défenses de bois ou de briques. Les élèves sont partis rejoindre le magnifique groupe scolaire flambant neuf au siège du comté.

Et toujours siffle le train. Les longs convois de marchandise viennent parfois perturber le calme de la ville. Ils réveillent les oiseaux et le cycliste en lançant de longs et strident sifflements pour se protéger de tout accident.

USA – Le printemps

Les fleurs sont de retour

Je crois bien que je n’avais jusqu’à maintenant jamais vraiment ressenti le printemps. Ma petite balade cycliste m’ouvre les yeux. Les premiers bourgeons apparaissent ici et là. Les fleurs poussent au milieu des feuilles mortes. Quelques bêtes ont déjà mis bas. Les packs de bière vides continuent à pulluler sur le bord de la route.

USA – C’est pas l’Larzac. Présumé coupable

Source

Fremont, Missouri. Je me voyais bien y passer une nuit sympathique. Une semaine et demi que je montais et descendais au grès de ma route à travers le plateau Ozark. Une communauté avec un nom sonnant français me paraissait toute désignée pour me donner un peu de repos. Au bas d’une descente, un élevage canin et surtout de superbes étendues vertes n’attendant plus que ma tente. Je frappai à la porte. La propriétaire apparut et me fit une réponse qui sonnait comme du déjà entendu. Elle me désigna amicalement un endroit qui conviendrait à coup sûr : au milieu du village, un parc avec des tables. Personne ne viendrait m’y embêter me disait-elle.

Arrivant au centre du village, je découvris le parc qui s’apparentait plus à la place centrale. Impossible d’y passer inaperçu. Je me mis donc en quête de quelqu’un pouvant me confirmer que je n’aurais pas de problème. Une voisine m’indiqua que personne n’était vraiment responsable mais elle ne voyait pas d’inconvénients à ce que je plante ma tente. Je lui demandai si il n’y avait pas un représentant du comté à vivre ici. Elle m’indiqua la maison du Shérif. Parfait pensais-je. Lire la suite »

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